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Anthropotechniques de l'auto-design

Séminaire de l'axe ADS : figures de l'urbanité (2017-2017)

mercredi 15 mars - 14h00/17h00 - salle Jean Bordes - MSHA

sous la responsabilité de Bernard Lafargue et Thomas Brunel

 

Problématique

Dans notre monde de l’art, qui a succédé à celui de l’idéologie, le souci esthétique de soi est devenu le souci fondamental. Il a pris la forme de « l’auto-design ». Pour le pire comme pour le meilleur. Le pire lorsque ses artistes-designers phares prennent la place du philosophe-roi de La République et de ses mille épigones pour mettre en œuvre un « design total » habile à drainer le désir de servitude volontaire de « l’homme-pluvier » du Philèbe, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster. Le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Nietzsche à Sloterdijk en passant par Michaud, Groys ou Shusterman, lorsqu’ils suscitent en tout un chacun le désir de designer sa propre existence pour ajouter l’exotisme de la petite touche de son auto-design au « design global » de la sculpture sociale du monde de l’art. Ce n’est que dans cette dernière perspective, sociale, éthique, politique et écosophique, que le fameux vœu de William Morris: « être beau de corps, de cœur et d’esprit en travaillant de conserve avec ses concitoyens dans un bel environnement » pourrait se réaliser.

 

Mercredi 15 Mars 14h-17H en Salle Jean Bordes, MSHA

L'intelligence artificielle mise en lumière, Antoine BARTHE, responsable technique chez GFI Informatique, Master IRR (Intelligence, Robotique et Reconnaissance de formes) de l'université de Toulouse.

« Et savais-tu qui était cet homme…Dans ton rêve ?
– Oui, docteur Calvin. Je connaissais l’homme.
– Qui était-il ?
Et (le robot) Elvex répondit :
– J’étais cet homme.
Alors, Susan Calvin leva son pistolet à électrons et tira, et Elvex cessa d’exister. »

Isaac Asimov, Le robot qui rêvait

 

Cet extrait reflète réellement notre crainte face à l’intrusion progressive de l’Intelligence Artificielle dans notre quotidien.

Depuis un peu plus d’un demi-siècle, l’IA étonne et détonne. Tantôt source intarissable de fascination, tantôt préceptrice d’une des plus grandes peurs de l’humanité, elle séduit autant qu’elle effraie. Souvent considérée comme insidieuse dans l’esprit des gens, les avancées technologiques nous donnent à penser qu’elle va bientôt nous dépasser. Mais qu’en est-il vraiment ? Savons-nous réellement ce qui se cache derrière cette science ? Dissipons un peu cet épais brouillard en examinant les différents types d’IA, de leur apparition jusqu'à leur mise en application. Au travers de son histoire, nous présenterons ses acteurs, leur rôle et leur influence puis nous nous pencherons sur la vision souvent pessimiste et alarmiste que nous en avons aujourd’hui en justifiant ce constat par une étude sur l’image retranscrite de l’IA dans différents films. En conclusion, nous mettrons en évidence les limites réelles auxquelles l’IA se confronte et exposerons les différentes manifestations de l’IA dans notre société actuelle.

Diplômé en Intelligence Artificielle, Robotique et Reconnaissance des formes, Antoine BARTHE travaille depuis 12 ans dans le monde du développement , mettant en œuvre différentes solutions informatiques au service de grands comptes tels que l'ESA, le CNES, Airbus ou encore Air France. Fort de son expérience en génie logiciel, il surveille les avancées de l'IA dans son domaine tels que les réseaux de neurones, les systèmes multi-agents, le big data, ou encore le machine learning.

 

Dans l'ombre de l'intelligence artificielle, Thomas BRUNEL, Doctorant en Art (histoire, théorie, pratique)

« Depuis que je suis arrivée de Mars, toute ma vie s'est passée à imiter un être humain, à faire ce qu'il aurait fait, à agir comme si j'avais des idées et des désirs humains. J'imitais ce qui, pour moi, représente une forme de vie supérieure. (Se tournant vers Phil Resch, elle ajouta) : "Ça a été comme ça pour vous aussi, Resch ? »

Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Figure ambivalente s'il en est, l'IA nous est souvent décrite comme marquant la fin de l'humanité, destructrice de notre espèce et/ou responsable d'un sombre futur pour la planète et ses habitants. Souvent générée dans l'idée de nous venir en aide, elle se retourne contre nous et retient une de ces trois options : nous éliminer, nous assujettir, nous parfaire. Si le premier et le deuxième cas de figure sont plus courants, l'idée d'une amélioration technologique peut en tenter certains, mais pas si elle est imposée. Paradoxalement, la représentation de l'IA incarnée, le robot, tentera quant à elle de nous imiter. Elle pense, elle imagine, parfois ressent et, qui sait, "rêve de moutons électriques" ! Petite lueur d'espoir dans des ténèbres à la limite de la prophétie auto-réalisatrice, la mise en corps de l'IA lui donne les mêmes craintes et défauts qu'elle essaie généralement de nous retirer, l'individualité primant sur l'ensemble et détachant l'IA de sa logique mortifère. Nous tenterons de mettre en évidence un avenir de l'IA moins sombre que ce qui, d'habitude, ressort de l'approche de ce sujet au travers de plusieurs exemples issus du monde de l'art et de la culture populaire pour tenter de dégager une figure du cyborg à mi-chemin entre le biologique et le technologique.

Doctorant en Arts Plastiques depuis novembre 2012, sous la direction de Bernard Lafargue, Thomas BRUNEL s'intéresse au cyborg et à la relation que nous entretenons avec celui-ci, comparant les récits de science-fiction et les approches artistiques contemporaines pour mettre en avant leur similitudes et faire émerger une pensée du "vivre en cyborg aujourd'hui".