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N°2 - Structure et communication

Revue N°2 - 2ème semestre 1992

Structure et communication

(Dossier coordonné par : CARAYOL Valérie )

 

DOSSIER


Les articles recueillis dans ce dossier illustrent un des thèmes majeurs de la réflexion en communication des organisations. Celui des interactions entre communication et structure. Que la structure d'une organisation soit considérée comme un objet empirique, un cadre à l'intérieur duquel se déroule la vie organisationnelle, qu'elle soit considérée comme un mécanisme de coordination et un moyen de faciliter les décisions en procurant à chacun un environnement informationnel le rendant apte à prendre des décisions pertinentes, qu'elle soit envisagée comme un moyen de guider les flux d'information, comme le résultat de jeux de pouvoir et de négociations comme un outil de coercition, l'étude de ses interactions avec la communication fait l'objet d'approches multiples. Les contributions que nous présentons ont ici un dénominateur commun, celui de s'intéresser à la communication d'organisations en réseaux. L'équipe du Groupe d'Intervention Stratégique en Communication Organisationnelle de l'Université de Montréal (GISCOR), nous convie à une réflexion sur la communication dans un réseau de franchise. Il souligne, après une analyse de la nature des liens franchiseurs/franchisés, établie à l'occasion d'une implantation bureautique, la nécessité d'instaurer des espaces de rencontres et de négociations permettant un réajustement permanent des perceptions mutuelles. Michèle Gabay et Sophie Pene nous exposent les problèmes de mise en place d'une action de communication globale dans des structures éclatées à travers l'analyse du cas d'un réseau d'hôteliers et de restaurateurs indépendants, Best Western France. Les sociétés à forme coopérative sont des entreprises en réseau, puisqu'elles possèdent un réseau de coopérateurs sociétaires, fédérés. Elles font l'objet du troisième article de ce dossier. Comme le souligne, Henri Desroche, la mise en œuvre du projet démocratique qui guide ces entreprises "pose un minimum de problèmes lorsque la communication s'absorbe dans une communion, c'est à dire lorsqu'il s'agit d'une micro-société dont les membres se connaissent et se reconnaissent". Les problèmes de communication se posent de manière beaucoup plus cruciale dans des coopératives importantes. Henri Desroche contribue à l'analyse des publics et des modes de communication de ces entreprises, tout en élargissant la problématique communicationnelle aux relations inter-organisationnelles et intergénérationnelles des organismes coopératifs. L'investigation sur les structures de communication de sociétés coopératives de droit privé que sont les Caisses Régionales de Crédit Agricole, que nous présente le quatrième article de ce dossier (Valérie Carayol) ne nous éloigne pas de la problématique énoncée puisque chacune des entreprises concernées par cette étude est une entreprise dotée d'une double réseau. Elle possède un réseau de sociétaires fédérés au sein de Caisses Locales et un réseau d'agences déconcentrées géographiquement par rapport au siège. La recherche de facteurs conduisant à l'adoption d'une structure de communication sert de guide à ce travail. A ces contributions originales, nous avons joint la traduction d'une revue de la littérature consacrée aux relations entre structure formelle d'une organisation et communication de Frédric Jablin (traduction Daniel Robichaud).Elle constitue une base de réflexion conséquente sur le thème des interactions Communication/Structure. C'est par cette contribution que nous allons d'ailleurs ouvrir ce dossier.

Cet article propose une synthèse et une interprétation de la littérature portant sur les rapports entre la communication et quatre dimensions des structures formelles de l'organisation : (1) sa configuration -qui regroupe la portée des contrôles, les niveaux hiérarchiques, ainsi que la taille de l'organisation et de ses sous-unités-, (2) sa complexité horizontale et verticale (3) son degré de formalisation et (4) la centralisation du pouvoir que l'on y retrouve. Cette revue de la littérature s'efforce généralement de distinguer les différents niveaux d'analyse des phénomènes de communication de l'individu, du groupe, et de l'organisation- correspondant aux dimensions structurelles abordées. Quelques orientations pour la recherche à venir sont enfin suggérées en guise de conclusions. Celles-ci insistent surtout sur la carence actuelle de travaux explorant la manière dont les structures formelles et émergentes des organisations façonnent mais aussi sont façonnées par eux.

L'informatisation verticale des activités de gestion intervient aussi bien dans les pratiques locales des franchisés que dans celles qui gèrent leurs relations commerciales et financières avec le franchiseur. Il est important de retrouver "l'esprit" original de la franchise afin de comprendre les paramètres conceptuels dans lesquels les franchisés vont intégrer le projet informatique. En prenant conscience des implications communicationnelles des différents types de franchisage de reproduction ou de "diffusion" sur les structures organisationnelles, le franchiseur doit se donner les moyens de régler les dissonances culturelles (visions des modèles) avant de s'attacher à démonter l'utilité et la faisabilité techniques de son projet.

A propos de la communication et des pratiques coopératives, l'auteur est amené à distinguer trois registres susceptibles d'attention : - la communication au sein des organisations coopératives et les particularités de sa mise en œuvre étant donné les spécificités de leurs publics et le projet démocratique qu'elles incarnent. - la communication interorganisationnelle ou celle qui relie toutes les instances concernées par le projet coopératif. - la communication qu'il nomme intergénérationnelle ou celle qui perpétue et renouvelle le discours axiologique qui fonde le projet coopératif.

Cet article fait état d'une recherche menée dans le cadre d'une réflexion sur les modes de gestion de la fonction communication. Il présente les résultats d'une enquête menée dans 47 entreprises bancaires du secteur coopératif, des Caisses Régionales de Crédit Agricole. L'étude cherche à répondre à deux questions. L'environnement a-t-il un effet structurant sur l'organisation de la fonction communication ? Les structures de communication dépendent-elles d'une stratégie de communication ?

Le Plan Commun d'Action (P.C.A), élaboré par les forces vives de l'entreprise, est la condition de la communication globale. Notre étude montre a contrario que les signes de morcellement dans une société ne sont pas un obstacle à l'unification à condition d'être analysés comme des traits constitutifs. L'histoire de l'entreprise, les projets des acteurs et leurs interactions laissent un sédiment qui modèle l'organisation et construisent le sens des valeurs nécessaires à la maturation du projet de communication globale. Une condition est cependant nécessaire à la mise en œuvre d'un Plan commun d'action : l'unité du directoire, sans laquelle le développement est limité à la mise au jour de signes partagés.
 

ETAT DE LA RECHERCHE



 

ANALYSE


Le texte se veut une «défense et illustration» de l’importance, théorique et pratique, de l’éthique de la communication des organisations. Il prétend dissiper une prétendue opposition entre l’intention morale et la visée organisationnelle. Cinq conditions sont analysées qui permettent de justifier l’éthique de la communication des organisations : la thèse dite « de l’inhérence », la nécessité de fondements, théorico-philosophiques, l’analyse du raisonnement éthique, l’admission d’une finalité persuasive et la reconnaissance de l’intérêt.

L’exigence de vérité représente la condition de possibilité d’une coopération sociale. Or elle s’inscrit dans un mouvement de déréalisation du réel, lié au triomphe de la véracité sur la vérité. L’urgence, la recherche de l’effet dans le traitement de l’information, la prépondérance du narratif sur le discursif induisent un reflux du Sens au profit du bruit dans le système médiatique. Le risque est alors celui d’une perte de confiance radicale dans le principal lieu actuel du discours public.

S’interrogeant sur le rapport contemporain du corps à la machine, l’auteur trouve dans trois types de « Mac » célèbres trois façon pour le corps de se transformer en machine, non seulement sur le mode métaphorique et par identification (le patronyme « Mac » signifiant homme et fils de) mais surtout sur le mode métonymique par des phénomènes d’entredévoration (immanentisation de la transcendance, récupération de l’orgiaque et de la tragédie) et de contiguïté (l’homme devenant le prolongement de la machine).
 

EXPERIENCE


La Communication en tant que discipline pratiquée à l’Université marocaine vient de commencer à la rentrée 92. Une licence (maîtrise française) a été créée en collaboration avec l’ISIC de Bordeaux 3. Hassan Esmili décrit le projet et explique dans quel contexte il a été mis sur pied et quelle importance il représente pour la faculté de lettres. Il montre également que la création de cette nouvelle licence entre dans une politique générale d’adaptation de la formation universitaire au marché de l’emploi.
 

ENTREVUES


 

BIBLIOGRAPHIE