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Séminaire Axe ADS : Transferts de l’Art et du Design - séance 2

 

Visuel seminaire ADS du MICA Anthropotechtniques de l'auto-design dec 2017

© Marla Wiel et Mathieu Caussé

Séminaire
Art, design, scénographie : figures de l’urbanité

Thème 2017-2019: Transferts de l’Art et du Design

Responsable : Nicolas Nercam


Mercredi 20 décembre 2017

14h - 17h

MSHA, salle Jean Borde
Pessac
ligne B, station de tram " Montaigne-Montesquieu "


Problématique

Les productions d’Art et de Design sont les résultantes d’un ensemble de phénomènes d’émission, de réception et de réinterprétation qui contribue à transformer en profondeur la nature de l’œuvre. Les circulations, les échanges et les déplacements (dans l’espace et le temps) des savoirs, des compétences, des techniques, des imaginaires et des pratiques artistiques revêtent, dorénavant, une dimension « planétaire ».

Ces transferts impliquent l’intervention de vecteurs (matériels, humains, informatiques, environnementaux, etc.) et conduisent à considérer les pratiques des Arts et du Design comme en perpétuelle évolution, remettant en cause les constructions monolithiques identitaires, en révélant les imbrications dont ces pratiques résultent.

Prenant le contre-pied d’une circulation mainstream imposée par les logiques idéologiques et économiques de la mondialisation, penseurs, artistes, designers, acteurs sociaux s’investissent dans des transferts « minoritaires », « alternatifs », ou de « résistance » face aux transformations programmées et normalisées.

Observer et analyser la diversité des transferts en œuvre dans l’Art et le Design s’est se livrer à :

  • Une étude (sociologique, anthropologique, historique, psychanalytique) des vecteurs sociaux ou institutionnels qui fixent le cadre de la circulation et du « passage du sens » d’un contexte à un autre.
  • Une étude des croisements entre les diverses pratiques artistiques ainsi qu’entre les champs des sciences humaines, entraînant une refonte épistémologique à l’origine d’une « décolonisation de nos pensées », voire d’un « éclatement disciplinaire ».

Intervenant

Corinne de Thoury, Maître de conférences en esthétique et sciences de l'art.
Le choix du baptistère

Et si l'invention de la perspective au XVe siècle avait d'abord été une opération de transfert pour celui qui en fut l'un des initiateurs, Filippo Brunelleschi ? Une première fois en effet, l'artiste a approché le baptistère Saint-Jean de Florence avec l'ambition de remporter le concours des reliefs sculptés de la porte nord. Une deuxième fois, quelques années plus tard, il retrouve le monument qu'il met dans son viseur pour s'ingénier à prouver la pertinence de ce nouveau système de représentation qu'est la perspective. Ce sont d'autres outils qui servent la démonstration - les pinceaux, le compas au lieu des ciseaux de sculpteur abandonnés - néanmoins, ces temps de déplacements qui chaque fois remettent en jeu le baptistère pourraient être appréhendés comme des engagements forts. En somme, le transfert indiquerait ce qui, chez Brunelleschi, fait son art et sa modernité.

Corinne de Thoury est maître de conférences en esthétique et sciences de l’art. Elle enseigne dans le pôle des Métiers du livre et du patrimoine de l’IUT Bordeaux Montaigne. Ses travaux, s’appuyant sur sa double formation en histoire de l’art et en arts plastiques, établissent des tressages entre les disciplines (art, écriture, design) et s’articulent autour de la définition des patrimoines à l’ère de la (trans)modernité.