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Séminaire : Anthropotechniques de l’auto-design - séance 6

 

© Thomas Brunel

Séminaire
Art, design, scénographie : figures de l’urbanité

Thème 2015-2017: Anthropotechniques de l’auto-design


Mercredi 15 juin 2016

13h30 - 16h30

Université Bordeaux Montaigne, salle I 405
Pessac
ligne B, station de tram " Montaigne-Montesquieu "


Présenté par Bernard Lafargue

professeur des universités, responsable de l'axe Art, scénographie, design : figures de l'urbanité.


Problématique

Dans notre monde de l’art, qui a succédé à celui de l’idéologie, le souci esthétique de soi est devenu le souci fondamental. Il a pris la forme de « l’auto-design ». Pour le pire comme pour le meilleur.
Le pire lorsque ses artistes-designers phares prennent la place du philosophe-roi de La République et de ses mille épigones pour mettre en œuvre un « design total » habile à drainer le désir de servitude volontaire de « l’homme-pluvier » du Philèbe, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster.
Le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Nietzsche à Sloterdijk en passant par Michaud, Groys ou Shusterman, lorsqu’ils suscitent en tout un chacun le désir de designer sa propre existence pour ajouter l’exotisme de la petite touche de son auto-design au « design global » de la sculpture sociale du monde de l’art.
Ce n’est que dans cette dernière perspective, sociale, éthique, politique et écosophique, que le fameux vœu de William Morris: « être beau de corps, de cœur et d’esprit en travaillant de conserve avec ses concitoyens dans un bel environnement » pourrait se réaliser.

 

Intervenants

Aurore Yonnet, Master 2 Arts Plastiques et Professeur de Yoga diplômée de l'ENPY
Le Yoga : recherche d’une anthropotechnie non invasive

Au XXIème siècle, l’Homme peut se laisser aller à penser, à rêver et même à se penser et à se rêver. A l’heure de la technologie fleurissante et des progrès de la médecine, l’Homme peut choisir de se transformer, de se designer. Le rapport qu’il entretient avec la médecine est en pleine métamorphose ; elle n’est plus simplement là pour soigner, guérir, mais pour modifier au gré de ses désirs le corps de l’Homme.

En miroir de ces nouvelles pratiques, certains prônent un retour aux sources, un retour au corps originel. Mais ces êtres vivants dans cette même société, où se designer entre chaque jour un peu plus dans les mœurs, se doivent d’être « à la hauteur » et cherchent les réponses aux questions fondamentales qui hantent chaque être humain « Qui suis-je? » et « Que dois-je faire? »

C’est certainement pour répondre à ces questions existentielles que certains d’entre nous, se tournent vers une pratique vieille de plus de 5000 ans : le Yoga.

Le Yoga est là pour accompagner l’Homme dans sa recherche, il l’amène à se découvrir lui-même.

L’anthropotechnie et le Yoga seraient-elles deux réponses possibles à un même questionnement sur la place de l’Homme dans la société? Et ces réponses sont-elles parfaitement antithétiques? Si tel est le cas, peuvent-elles réellement avoir une existence l’une sans l’autre?

Professeur de Yoga diplômée par l’école nationale des professeurs de yoga et titulaire d’une maîtrise en arts plastiques je m’intéresse à la place du yoga dans la société et aux répercutions que cette pratique peut avoir sur l’Homme et sur les Œuvres.
 
Sarah AYADI, Doctorante en Arts

La métamorphose du corps sexué : lorsque la bande dessinée érotico-pornographique questionne la binarité du genre

Malgré l’émergence d'un discours questionnant les normes liées au genre et une visibilité croissante des théories queer, la bande dessinée érotico-pornographique semble demeurer un champ de création où prédomine la mise en scène d'une sexualité hétéro-centrée. Une grande partie des productions contemporaines persistent à dépeindre hommes et femmes dans un rapport dichotomique, basé sur une conception binaire et essentialiste de l'attribution du genre. Certains scénaristes et dessinateurs entreprennent cependant de perturber les normes établies et permettent d'envisager un emploi des spécificités du médium qui contribuerait à repenser le corps sexué au delà des limites biologiques et médicales. Cette intervention nous permettra d'entreprendre la façon dont la bande dessinée peut devenir le support d'une exploration graphique et narrative, capable de mettre en scène un corps au genre flexible et à la morphologie modulable.

Diplômée d'un DNAP et d'un MASTER lettres et langues en bande dessinée tous deux effectués à l'école européenne supérieure de l'image d'Angoulême, Sarah Ayadi est doctorante en art sous la direction de Bernard Lafargue. Elle étudie les différents enjeux de la bande dessinée érotico-pornographique contemporaine.